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hyacinthe

interview

15 avril 2018 par Alxs

La Loge est allée rencontrer Hyacinthe le samedi 7 avril avant son concert à La Rodia, l’occasion de lui poser quelques questions à propos, entre autres, de sa musique et ses clips, de ses collaborations et de ses projets à venir.


La Loge : Tu parles beaucoup d’amour dans tes sons, quel est finalement ton rapport aux femmes ?

Hyacinthe : Je ne sais pas si j’ai un rapport aux femmes particulier. Je n'ai pas trop réfléchi, après c’est un truc important pour moi dans la vie, un petit peu comme tout le monde je pense. Quand on était dans le train avec mon ingé son, sur les quatre heures de trajet je pense que pendant une heure et demie on a parlé de notre vie amoureuse, donc ouais je pense que c’est un truc important. Et moi du coup comme je fais des chansons qui parlent de moi, de mes centres d’intérêts et de ce que je fais de ma vie, forcément ça a une part importante.

Tu as finalement une vision plutôt négative des femmes ?

Globalement je ne parle pas des femmes, je parle vraiment de mes expériences, moi avec mes petites amies. Y a aucun texte où c’est genre ma vision de la femme, c’est mes aventures, mes péripéties amoureuses que je raconte dans mes textes.

Dans tes morceaux on retrouve beaucoup d’électro en plus de ton rap, c’est quelque chose que t’écoutes beaucoup ?

Ouais, j’écoute pas mal de trucs, des sons rave ou dance, des trucs comme ça. Après j’écoute pas mal de trucs anglais genre sur des labels comme Planet Mu ou Warp, un gars comme Chris Clark que j’écoute à fond, ou Kuedo que j’ai vachement écouté, que des trucs comme ça. Ce n’est pas comme le rap où j’ai vraiment une vision transversale je pense, j’ai à peu près tout écouté ce qui est possible et imaginable. Tandis qu’en électronique c’est plus des trucs précis.

Il y a quelques moi tu as sorti le remix de « Arrête d’être triste » avec The Shoes. Comment les as-tu rencontrés ?

J’ai pas mal taffé avec Benjamin de The Shoes sur mon prochain album. On a passé pas mal de temps dessus à taffer et on s’est rencontré via ce remix-là. En fait ils m’ont suivi sur instagram et j’ai fait "Ah lourd y a The Shoes qui m’ont suivi on va leur demander de faire un remix" et du coup ils ont gentiment accepté et on s’est mis à faire un peu de musique ensemble.

On remarque également que tes clips sont vraiment bien travaillés. Tu les réalises avec une équipe de ciné ?

Ça dépend. Il y a plusieurs équipes mais j’ai fait pas mal de clips avec un gars qui s’appelle Kevin Elamrani qui a fait mon premier clip et sur le dernier album il a fait celui de « Sarah » et de « La nuits des étoiles ». On en a fait plein d’autres, on a pas mal taffé ensemble, c’est un gars qui est là depuis le début, ça fait cinq ans qu’on travaille ensemble. Sinon j’ai fait un clip avec une réalisatrice qui s’appelle Anna Cazenave qui a fait La Femis. Au moment où on s’est rencontré moi j’étais en train de faire le morceau « Sur ma vie » mais il n'était pas totalement fini. On venait de commencer à mettre du gabber dessus, en fait à la base c’était un morceau un peu rap assez classique et à un moment donné on s’était mis à rajouter ces espèces de kicks trop véner sur le refrain. Et en fait ce qui est marrant c’est que c’est pile le moment où on se rencontre avec Anna. Elle, elle venait de faire un film qui s’appelle Gabber Lover qui est un film qui raconte une histoire d’amour entre deux adolescentes sur fond de gabber, du coup j’ai vu ça comme un signe du destin, j’ai dit "ok cool faisons ce clip ensemble". J’aime bien l’idée que ce soit souvent un peu des nouvelles personnes, des gens avec qui j’ai de plus en plus de liens, comme dans la musique, dans la vidéo j’aime bien qu’il y est un suivi comme une série avec des personnages, des choses qui reviennent et tout. J’aime bien l’idée de taffer avec des gens qui voient d’où je viens artistiquement et là où on veut aller ensemble, c’est important que les gens connaissent mon passif pour qu’on avance ensemble.

Donc tu aimes bien travailler avec les mêmes personnes ?

Ouais mais après je suis assez ouvert. Par exemple le clip de « Le regard qui brille » il a été fait par un gars qui s’appelle Colin Solal Cardo. On ne se connaissait pas avant, et c’était cool. C’est pareil dans la musique que dans l’image, j’aime bien garder ma base, c’est-à-dire que les gens avec qui j’ai taffé par le passé et avec qui ça s’est bien passé on repart ensemble, et l’idée à chaque fois c’est d’essayer des trucs avec des nouvelles personnes. J’aime bien qu’il y est un mélange des deux, des nouvelles énergies et garder ce qui fonctionnait déjà.

Ton clip du morceau « Retour aux pyramides », qui a été supprimé de YouTube, était plutôt cool, vraiment bien travaillé, à la limite d’un court-métrage.

C’était un double clip : « Sur la route de l’amour / Retour aux pyramides », et il a sauté d’internet parce qu’il y avait un sample grave pas déclaré et ça a fini par remonter aux oreilles des gens qui nous ont bien niqué et ont supprimé la chanson. Mais heureusement des fans pleins de bonté l’ont remis sur internet de façon illégale et c’est une très bonne chose. Ces deux morceaux je voulais les faire clipper par Kevin Elamrani, je lui ai fait écouter, il était venu au petit studio dans lequel je taffais à l’époque, et un soir il arrive trop bourré, c’était en 2014, le morceau est sortie en 2015 mais ça c’était en 2014, je lui fais "Ouais j’ai trop réfléchi, il faut qu’on fasse un double clip gros, ça va durer huit minutes, ça va être incroyable, Sur la route de l’amour / Retour aux pyramides c’est trop logique, t’inquiète ça va durer dix minutes c’est le nouveau format de 2015" et c’est marrant parce que l’année qui a suivie Kendrick Lamar et grave de stars américaines ont tous sorti des doubles clips, on était genre ultra en avance sur notre temps. On est sous côtés, et pauvres malheureusement.

C’est important d’avoir un beau visuel pour illustrer tes sons ?

En vrai, je ne suis pas un mec cinéphile de ouf. Je regarde des films et tout, c’est des choses qui m’intéressent mais je suis beaucoup moins expert en film qu’en musique, mais par contre comme y a ce truc où on est dans les années 2010 et c’est hyper important d’avoir des beaux clips sinon les gens n’écoutent pas les morceaux donc quitte à avoir ça autant essayer de faire des trucs jolis. Comme de base on est obligé de faire des clips autant que ce soient les clips les plus cools et les plus beaux possibles, c’est juste ça le raisonnement. Et c’est pareil pour les pochettes d’albums, t’es obligé de faire une pochette quand tu sors un album donc autant qu’elle soit cool plutôt que moche.

Tu fais beaucoup de collaborations différentes du coup on retrouve une grande diversité musicale. C’est important pour toi de diversifier ta musique de cette façon ?

La vérité c’est que j’arrive à faire de la musique qu’avec des gens avec lesquels je suis un peu pote, la plupart du temps. Avec The Pirouettes, on était potes et à force de boire des coups ensemble on s’est dit "viens on fait une chanson", du coup on l’a faite. On avait déjà fait plusieurs chansons normalement c’était la troisième qu’on faisait ensemble, on était au lycée ensemble. Après on a fini le lycée on s’est dit "Ah on va faire du rap" du coup on s’est mis à faire un peu de rap, même si eux ils faisaient du rap avant et moi aussi, du coup on s‘est mis à faire des chansons ensemble. Voilà, tous les featurings finalement c’est ça. Pour moi d’abord c’est important qu’il y ait un lien amical et que j’aime la musique de la personne et à partir de là on essaye de faire un truc. Du coup ce qui est cool avec ça c’est que comme on se connait dans la vie, les artistes avec qui je vais faire des featurings ils me font confiance, ils se laissent ramener dans mon univers à fond. Un gars comme Jok’Air il a ultra jouer le jeu que ce soit pour la chanson ou pour le clip. Moi je voulais l’emmener dans un endroit précis et il y est allé sans sourciller et je suis trop content du résultat.

On remarque aussi que tu fais de plus en plus de scène. Quel lien entretiens-tu avec la scène ?

Alors mon rapport à la scène c’est déjà que je suis payé pour le faire, ça en soit c’est une bonne chose parce que je suis pauvre et j’ai besoin d’argent et que j’ai besoin de mon intermittence cette année donc il faut me booker sur un maximum de dates sinon je vais mourir de faim et je ne vais plus jamais faire de chanson et les gens vont être tristes, ça c’est le premier truc. Le deuxième truc c’est que je trouve ça cool de voir les gens qui m’écoutent en vrai et voire de toucher d’autres gens qui me connaissaient pas avant, et j’essaye de proposer sur scène un truc qui soit différent de la musique sur l’album, c’est-à-dire que je pensais pas, c’est pas la même expérience que sur l’album c’est-à-dire que je pense que ma musique elle est quand même assez produite et sur scène t’as un truc vraiment plus brut où en fait je suis tout seul sur scène, il y a pas de DJ, il y a pas de backeur c’est juste moi tout seul qui domine le monde de façon tout à fait mégalomane et du coup je pense que c’est une autre expérience et c’est cool et même en terme d’interprétation j’interprète différemment mes morceaux sur scène qu’en studio, on fait des versions différentes pour le live, j’essaye de faire en sorte que ce soient deux expériences différentes. Et en plus je ne suis pas cher franchement faut me booker partout parce que je suis pas très cher encore.

Tu fais partie de DFHDGB. Comment est né ce collectif ?

Il est né sur internet. D’abord j’ai connecté avec Krampf, on a fait un premier EP, qui n’est plus sur internet mais qui s’appelait Des hauts, des bas et des strings qui avait une pochette incroyable avec un genre de lézard qui était censé me représenter avec une carapace dessiné par un mec qui est devenu fou après on a plus eu de nouvelles, j’espère qu’il va bien mais vraiment je crois qu’il allait assez mal à l’époque mais je crois qu’il va mieux maintenant, je crois qu’il est retourné chez ses parents, il s’appelait Max il était vraiment ultra bizarre comme mec ; donc on a fait ça ensemble. A la suite de ça on a connecté avec L.O.A.S et rapidement on s’est mis à faire de la musique ensemble, on a fait un EP ensemble entier avec L.O.A.S en 2013, putain on est déjà vieux, il s’appelait Ne pleurez pas Mademoiselle. On taffe toujours tous ensemble ; là je pense on va faire une chanson bientôt ensemble avec L.O.A.S qui sortira dans mille ans, du coup ça sera sur le prochain album. On taffe toujours ensemble, on se voit toujours. Après on est chacun un peu plus dans nos trucs parce que on a plein de taffe chacun sur des trucs différents, mais on essaye de se faire au moins un ou deux grands rendez-vous annuels sur des morceaux.

Il y a plusieurs semaines tu as dit que tu travaillais sur ton second album. Tu en est où pour l’instant ?

Je suis en plein dedans, j’ai aucune idée de quand ça va sortir, il faut que j’arrive à le terminer. Mais ça avance bien, il a plein de nouveaux trucs que j’ai fait. Là j’ai fait quarante chansons et je commence vraiment à sélectionner, à prendre les meilleurs, à mélanger les trucs. Je taffe pas mal avec des gens avec lesquels j’ai déjà taffé comme King Doudou ou Sébastien Forrester qui avait fait « James Dean », plus pas mal de nouvelles personnes dont des trucs avec The Shoes. Là j’ai passé deux jours en studio avec King Doudou on a fait des chansons. C’est toujours un mélange des anciens qui étaient déjà là et des nouvelles personnes. Ça avance bien, je pense que ça va être trop stylé et je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour que ce soit un classique intemporel de la musique moderne, je ne sais pas si je vais réussir mais c’est l’objectif.

A côté de la musique tu as des choses de prévues ?

Franchement pas trop. Soit je suis en concert, soit je suis en studio, soit je suis dans un bar en train de boire des bières, soit je suis devant Netflix avec ma meuf donc du coup très peu de distractions.

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