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interview

18 octobre 2019 par Alxs

La Loge est allée à la rencontre de KuRt 20:20 et Wallace Cleaver le 10 octobre avant leur concert au Nouveau Casino, en première partie de Fixpen Sill. L’occasion de leur poser quelques questions sur notamment leur esthétique et leur rapport au Rap.


La Loge : On est juste avant votre concert au Nouveau Casino pour la première partie de Fixpen Sill. C’est une grosse date pour vous ?

KuRt 20:20 : En vrai ouais, c’est chaud, ça fait plais’.

Wallace Cleaver : C’est des gars qu’on écoutait dans les Grünt et les trucs comme ça il y a sept/huit piges. Là on connait leur DJ, donc ouais c’est une grosse date.

Ça se passe comment en général à vos concerts ?

K : Il n’y en a pas eu beaucoup quand même. Le dernier c’était le 26 septembre au Pop-Up du Label, c’était une petite salle mais c’était cool, l’ambiance était là.

W : Pareil quand on avait fait La Maroquinerie. Ça a toujours été le bordel.

K : Pogos à fond, de la sueur et du sang !

On remarque que le noir et blanc est une esthétique assez récurrente chez vous, particulièrement chez toi KuRt. Pourquoi ?

K : De base parce que c’était plus simple à travailler, et puis c’est resté comme ça. Je suis tout le temps tout en noir, donc c’est moi. Et je trouve que le noir et blanc c’est plus trash.

W : Et la fois c’est vrai, il y a un truc hyper authentique. Quand on voit du noir et blanc on se dit que c’est des vieux films, des trucs OG ; aujourd’hui c’est la même chose. OG jusqu’à la mort.

K : Pogos à fond, de la sueur et du sang !

En début d’année on a interviewé un artiste qui a une esthétique et un univers qui peut se rapprocher du votre. C’est Pollux, il était au Planet Rap de Lord Esperanza en même temps que vous.

K : Ouais je vois clairement qui c’est. J’aime bien ce qu’il fait.

Il nous avait expliqué que le sombre de ses morceaux vient de sa vision du monde qui est assez noire. On retrouve également une part d’obscurité dans votre musique à vous, est-ce-que vous aussi c’est lié à votre vision du monde ?

K : Moi je suis pessimiste de fou. On est pessimistes de fou. Après, il y a de l’espoir.

W : Sinon on ne ferait pas de son.

K : Tout n’est pas rose, et ça on le sait. Tout est plus noir que rose.

W : On a tendance à plus parler de ce qui nous touche en mal plutôt de ce qui nous touche en bien. Déjà parce que c’est plus simple, et puis toi ça te permet surtout de vomir ce que t’as encaissé.

Dans les différentes interviews que vous avez déjà données vous mentionnez pas mal de rappeurs qui sont rarement cités comme Ateyaba, SWK ou Lala &ce.

K : C’est les gens qui nous influencent. Moi de base je n’écoutais pas de rap français, avant je n’écoutais que du rap américain, de la grind, que des trucs en anglais. J’ai commencé à diguer dans le rap français avec les Rap Contenders. Après j’ai digué vers les suisses, j’ai écouté le 667. La période de Joke, Myth Syzer, Bon Gamin ça m’a donné envie de faire du rap. Les mecs comme Loveni, Ateyaba, Ichon ; des gars trop chauds. Des mecs underground mais le vrai underground, pas celui des Rap Contenders, celui où il faut vraiment diguer sur youtube ou soundcloud pour trouver les sons. Moi je kiffe des mecs qui ont cinq cents vues !

W : Ce qui nous gifle ce n’est pas forcément les tracks qui ont 20 millions de vues. C’est des mecs qu’on ne connait pas, on prend juste le son. Des gars du 667 pas trop connus comme Kaki Santana, ou certains mecs du Lyonzon ; pas mal de gens qui ne sont pas très grands et qui font de la bête de musique.

Donc vous êtes des grands consommateurs de rap ?

W : Clairement. On est des passionnés.

K : Pas que de rap, de musique tout simplement. On écoute tout. Avant de venir j’écoutais Fela Kuti, c’est un jazzman africain, et là je peux me taper un « Vision » (Ateyaba). C’est méga-varié. Le rap c’est un peu comme un travail, t’es obligé d’écouter ce qui se faisait avant, ce qui se fait maintenant ; et c’est comme ça qu’après toi tu as ta vision des choses.

Qu’est-ce que ça vous apporte en tant qu’artiste ?

W : Tu vois la concurrence, tu sais ce qui se fait. Donc tu te dis ouais faut que je sois encore plus fort.

K : Ça te permet d’avoir une plus grosse ouverture musicale. Quand Jul est arrivé, les gens ne l’aimaient pas. Ce n’est pas que je me forçais à écouter mais j’écoutais deux/trois sons que j’aimais bien, et je me faisais tailler. Nique sa mère au final, Jul il est là. Donc ça permet de voir ce qui marche et pourquoi ça ça ne marche pas, c’est les devoirs en fait.

W : Ça permet de t’ouvrir musicalement. Forcément, quand tu écoutes plein de trucs différents, tu t’inspires inconsciemment. Plus tu écoutes, plus tu t’inspires donc plus tu peux créer ta musique à toi.

Vous pensez que c’est ça qui apporte de la diversité à votre musique ?

K : Ouais clairement. Si j’écoutais qu’un seul style bien spécifique de rap, je ne pense même pas que je serais là.

W : Sinon on ne toucherait pas à tout. On aime faire un type de musique du moment qu’on aime en écouter. Ça peut être de la pop, de la house... du moment que c’est bien produit et que ça nous plait on va le faire.

C’est quoi votre vision du rap en ce moment ?

K : Le rap c’est la nouvelle pop. La pop c’est ce qui est populaire et c’est ce qui marche le mieux. Le rap c’est la musique la plus écoutée en France. Aux Etats-Unis une artiste comme Katy Pery peut mettre un Snoop Dog dans un son, comme Ariana Grande peut mettre un Big Sean. Les prods de maintenant des artistes pop, il y a des rythmique trap dessus.

W : Tu écoutes le dernier album de Shy’m, tu te dis qu’il y a de la trap.

K : Ça après c’est du RnB mais c’est pareil, c’est le même principe. Tout le monde rap, tout le monde peut rapper, tout le monde peut faire des prods dans sa chambre, c’est le truc qu’il faut que tu fasses quand t’es jeune pour t’amuser. Il y a le foot, il y a le basket, mais si t’as une fibre artistique qui t’oriente vers la musique je pense que c’est plus vers le rap qu’autre chose.

Vous pensez quoi de cette popularisation du rap ?

W : Les anciens se battaient pour ça. Nous on a écouté des Oxmo, Booba, Lunatic, Lino, ces mecs-là se battaient pour ça, donc pourquoi ne pas être content.

K : C’est notre culture maintenant, je me sens un peu plus compris. Si j’avais fait du rap avec l’âge que j’ai maintenant mais il y a dix ans, ce serait la merde. Il y a internet aussi maintenant, ça aide vachement. On n’a pas fait beaucoup de scène mais nos projets sont écoutés, entre guillemets. Il y a dix ans il aurait fallu que je sois à Clignancourt à vendre des CD. Maintenant le rap c’est plus accessible, avant t’étais un blanc dans une cité tu n’écoutais pas de rap, parce que ça ne te parlait pas. Maintenant, tu es blanc tu viens du 16ième, tu peux écouter du rap. Il n’y a plus de barrières.

Ensemble vous formez le Garden Club, est-ce qu’on peut s’attendre à un projet en commun prochainement ?

W : Un jour, c’est certain.

K : Déjà on fait des sons persos. Pour l’instant il a l’œil sur ce que je fais et j’ai l’œil sur ce qu’il fait.

W : Mes tracks c’est autant les siennes que les miennes.

K : Donc oui ça va arriver mais on ne sait pas quand. Je ne vais pas te dire une date, les gens s’en battent les couilles, mais ça arrivera.

W : Dès qu’on sent qu’il y a ce qu’il faut, dès qu’on est Super Saiyan tous les deux, on balance le truc.

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